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Prêt sans enquête de crédit au Québec : 35 % maximum, frais inclus

Par Benjamin ThomasPublié le 10 min de lecture
Un contrat de prêt sur une table de cuisine en arborite turquoise, trois petits bordereaux de frais attachés à son coin par un trombone, un stylo à côté.

Oui, on peut obtenir un prêt sans enquête de crédit au Québec. Des prêteurs privés regardent votre compte bancaire plutôt que votre dossier chez Equifax ou TransUnion, et l’argent arrive souvent par virement Interac en moins de 24 heures. Le piège, c’est le prix. Le taux affiché dans la publicité, souvent entre 20 % et 35 % par année, laisse parfois de côté des frais d’adhésion ou de courtage qui font grimper le vrai taux à plusieurs centaines de pour cent.

La loi québécoise ne laisse pas passer ces frais. Tout ce que vous payez en plus du montant reçu compte dans le taux de crédit, et pour ce type de prêt, la limite est de 35 % par année. Voici comment vérifier une offre, ce que la loi vous garantit et quoi faire si vous avez déjà signé.

Peut-on vraiment emprunter sans enquête de crédit?

Oui. « Sans enquête de crédit » veut dire que le prêteur ne consulte pas votre dossier chez Equifax ou TransUnion, alors votre demande n’a aucun effet sur votre cote. Il examine plutôt votre compte bancaire. Sur leurs sites, ces prêteurs parlent de vérification bancaire instantanée, ou IBV. Vous vous connectez à votre banque dans leur formulaire, et ils voient vos revenus et vos paiements des 90 derniers jours.

Les montants vont en général de 300 $ à 2 000 $, remboursés en 12 à 16 semaines, selon La Presse (s'ouvre dans un nouvel onglet). Les versements sont prélevés directement dans votre compte, habituellement aux deux semaines, au rythme de la paie.

Ce que le prêteur vérifie quand même

Avant de vous prêter, un prêteur doit évaluer si vous êtes capable de rembourser. S’il ne le fait pas (s'ouvre dans un nouvel onglet), il perd le droit aux frais de crédit, c’est-à-dire aux intérêts et aux frais, et il doit vous rembourser ceux que vous avez déjà payés.

Le règlement (s'ouvre dans un nouvel onglet) considère l’évaluation comme faite quand le prêteur tient compte de vos revenus, de vos frais de logement, de vos autres paiements de crédit et d’un rapport de crédit récent. Un prêteur « sans enquête » se passe du rapport de crédit. Il doit quand même évaluer vos revenus et vos dépenses.

C’est pour ça qu’une approbation « sans refus » ne tient pas debout. Un prêteur qui respecte la loi doit pouvoir dire non à quelqu’un qui n’a pas les moyens de rembourser.

Combien coûte un prêt sans enquête de crédit?

Au taux maximal de 35 % par année, un prêt de 500 $ remboursé en six versements aux deux semaines coûte environ 24 $ en frais de crédit. Le prix grimpe quand des frais s’ajoutent en plus du taux, et un montant fixe chaque semaine pèse beaucoup plus lourd sur un petit prêt que sur un gros.

Prenons un prêt annoncé à 20 % par année, avec des frais d’adhésion de 20 $ par semaine. C’est un montant du même ordre que les 24,20 $ par semaine relevés par l’émission La facture (s'ouvre dans un nouvel onglet) chez un grand prêteur québécois.

PrêtCoût maximal (35 %)À 20 %, plus 20 $ par semaineTaux réel, frais inclus
500 $ sur 12 semaines24 $254 $environ 342 %
1 000 $ sur 16 semaines62 $355 $environ 190 %
2 000 $ sur 16 semaines123 $390 $environ 108 %

Calculs de Lodavo, avec des versements égaux aux deux semaines. Sur 500 $, le coût est dix fois plus élevé avec l’adhésion.

Le calcul à faire avant de signer

Additionnez tout ce que vous allez rembourser, versements et frais compris, puis soustrayez le montant que vous recevez. Le résultat, c’est le coût réel de votre prêt. À 35 %, un prêt remboursé par versements réguliers en six mois ou moins coûte au plus une dizaine de dollars par tranche de 100 $ empruntés. Si votre calcul donne 30 $ ou 50 $ par tranche de 100 $, le taux réel dépasse de loin la limite.

Pourquoi le taux affiché ne dit pas tout

Parce que certains prêteurs facturent des frais en dehors du taux : une adhésion, un abonnement, du courtage ou un cautionnement. Au Québec, tout ce que vous payez en plus du montant reçu fait partie des frais de crédit, selon les articles 69 et 70 de la Loi sur la protection du consommateur (s'ouvre dans un nouvel onglet), et le taux inscrit au contrat doit tout inclure. Un taux qui laisse ces frais de côté n’est pas le taux de crédit au sens de la loi.

L’Office de la protection du consommateur (OPC) a fait condamner plusieurs prêteurs pour cette raison. Protégez-Vous (s'ouvre dans un nouvel onglet) a recensé les condamnations rendues publiques entre août 2023 et juillet 2025 :

Prêteur condamnéTaux indiquéTaux réel, tous frais inclus
Pretheure24 %jusqu’à 499 %
Instant 500 Crédit29,99 %jusqu’à 485 %
Prêt ABC20 %jusqu’à 384 %
Crédit Unique23 %de 137 % à 170 %

Dans le dossier de Crédit Unique, l’OPC a aussi écrit dans son communiqué (s'ouvre dans un nouvel onglet) : « L’Office considère qu’un taux de crédit supérieur à 35 % est abusif. »

Les frais d’adhésion n’ont pas disparu pour autant. En septembre 2026, La facture a analysé des dossiers de clients du prêteur qui facturait ces 24,20 $ par semaine. Les prêts d’une cliente étaient annoncés à 18,99 % et revenaient en moyenne à 204 % par année une fois l’adhésion comptée. Chez d’autres clients, les taux allaient de 180 % à 466 %. L’entreprise soutient que l’adhésion est un service distinct du prêt.

Ce qu’un courtier ou une caution ne peut pas vous facturer

Certains sites ne prêtent pas eux-mêmes. Ils se présentent comme courtiers, ou comme « coemprunteurs » qui se portent caution pour vous. Un courtier en crédit n’a pas le droit de vous faire payer ses services, rappelle l’OPC (s'ouvre dans un nouvel onglet), sauf s’il est membre d’un ordre professionnel. La loi interdit aussi à une caution d’exiger un paiement pour vous permettre d’obtenir un crédit (article 230.2).

Quelles règles protègent l’emprunteur au Québec?

Tout prêteur qui n’est ni une banque ni une caisse doit détenir un permis de l’OPC, qu’il fasse affaire en ligne ou en personne. Il doit évaluer votre capacité de rembourser, inclure tous ses frais dans le taux et vous laisser annuler le prêt peu après la signature. D’autres obligations s’ajoutent au-delà de 24,5 % par année.

RègleCe qu’elle vous donne
Permis de l’OPCObligatoire pour tout prêteur qui n’est pas une banque ou une caisse
Taux de créditUn taux annuel au contrat, tous les frais compris
Capacité de rembourserÉvaluée avant le prêt, sinon aucuns frais de crédit
Annulation2 jours sans frais, ou 10 jours pour un prêt à coût élevé
Remboursement anticipéEn tout temps, sans pénalité
Courtier en créditNe peut rien vous facturer, sauf s’il est membre d’un ordre professionnel

Ces règles viennent de la Loi sur la protection du consommateur, et l’OPC les explique dans ses conseils avant d’emprunter (s'ouvre dans un nouvel onglet).

Au-delà de 24,5 % : le crédit à coût élevé

Un prêt est « à coût élevé » quand son taux dépasse de plus de 22 points le taux officiel d’escompte de la Banque du Canada. Ce taux était de 2,5 % en septembre 2026 (s'ouvre dans un nouvel onglet), ce qui place le seuil à 24,5 %. Le prêteur doit alors détenir un second permis (s'ouvre dans un nouvel onglet) et vous remettre par écrit son évaluation et votre ratio d’endettement avant la signature.

Ce ratio compare vos paiements de logement et de crédit, nouveau prêt compris, à votre revenu brut. S’il dépasse 45 %, votre obligation est présumée excessive, selon l’OPC (s'ouvre dans un nouvel onglet), et vous pouvez demander l’annulation du contrat ou la réduction de vos obligations.

Pourquoi il n’y a pas de prêts sur salaire au Québec

Dans les neuf autres provinces, un prêteur sur salaire autorisé peut exiger jusqu’à 14 $ par tranche de 100 $ pour deux semaines, soit environ 365 % par année. Le Code criminel le permet grâce à une exception réservée aux provinces qui encadrent elles-mêmes ce genre de prêt. Le Québec ne l’a jamais fait, et l’OPC peut refuser un permis (s'ouvre dans un nouvel onglet) à un prêteur qui exige plus de 35 %. Ici, la limite de 35 % s’applique donc à tous ces prêts. Notre page sur les prêts sur salaire au Canada détaille les règles ailleurs au pays.

Comment reconnaître une arnaque au prêt?

Le signe le plus sûr : on vous demande de l’argent avant de vous en prêter. Selon le Centre antifraude du Canada (s'ouvre dans un nouvel onglet), il est illégal dans la plupart des provinces d’exiger des frais initiaux avant de verser un prêt, et vous ne devriez jamais envoyer d’argent en premier. Les autres signes à surveiller :

  • Un prêt « garanti » ou « sans refus », quel que soit votre crédit.
  • Une approbation instantanée, avant même qu’on ait regardé votre situation.
  • Un paiement exigé par virement Interac, par une entreprise de transfert de fonds ou en cartes de crédit prépayées.
  • Aucun contrat écrit, ou un contrat sans taux de crédit annuel ni numéro de permis.

Avant de donner accès à votre compte bancaire, cherchez le nom de l’entreprise dans l’outil Se renseigner sur un commerçant (s'ouvre dans un nouvel onglet) de l’OPC. Il indique si elle détient un permis et si l’Office est déjà intervenu auprès d’elle. Une mention « permis de l’OPC » sur un site ne remplace pas cette vérification. Si vous avez déjà envoyé de l’argent à un faux prêteur, notre guide pour récupérer votre argent après une arnaque explique les démarches.

Vous avez déjà signé? Voici vos recours

Vous pouvez annuler un prêt sans frais dans les 2 jours qui suivent le moment où vous et le prêteur avez chacun une copie du contrat, ou dans les 10 jours s’il s’agit d’un prêt à coût élevé. Rendez l’argent si vous l’avez reçu, ou avisez le prêteur par écrit si vous ne l’avez pas encore reçu. Si vous annulez dans ce délai, le prêteur n’a pas le droit d’inscrire une mauvaise note à votre dossier de crédit, précise l’OPC (s'ouvre dans un nouvel onglet).

Passé ce délai, vous pouvez demander qu’aucuns frais de crédit ne s’appliquent si le prêteur :

  • n’avait pas le permis requis;
  • n’a pas évalué votre capacité de rembourser;
  • a laissé des frais hors du taux de crédit, ou n’a pas indiqué de taux annuel au contrat.

Si le prêteur refuse, vous pouvez vous adresser au tribunal, qui peut ordonner le remboursement des frais déjà payés. Vous pouvez aussi porter plainte à l’OPC (s'ouvre dans un nouvel onglet).

Qu’est-ce qui coûte moins cher qu’un prêt rapide?

Au Québec, le Fonds d’entraide Desjardins est souvent l’option la moins chère. Des organismes communautaires y offrent une consultation budgétaire gratuite et, au besoin, un petit prêt aux modalités adaptées (s'ouvre dans un nouvel onglet) à votre capacité de rembourser. À Laval, par exemple, l’ACEF (s'ouvre dans un nouvel onglet) prête de 200 $ à 750 $ sans intérêt pour l’achat d’un bien essentiel.

Pour y avoir droit, il faut accepter la consultation budgétaire, emprunter pour une dépense imprévue et essentielle, pouvoir rembourser et être membre d’une caisse participante ou accepter de le devenir. Les autres options :

Notre guide sur l’aide financière d’urgence classe d’autres options par coût.

La prochaine fois, un coussin plutôt qu’un prêt

Ce qui évite le prochain prêt rapide, c’est quelques centaines de dollars mis de côté pour la batterie d’auto ou le compte d’Hydro qui arrive au mauvais moment. Les accumuler prend des mois.

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Avant de signer

Cherchez le prêteur dans l’outil de l’OPC, puis faites le calcul : ce que vous remboursez moins ce que vous recevez. Remboursé par versements réguliers sur quelques mois, un prêt à 35 % coûte au plus une dizaine de dollars par tranche de 100 $. Au-delà, le taux réel dépasse la limite, peu importe le taux affiché.

Si vous lisez ceci avant d’avoir besoin d’argent, un peu d’épargne mise de côté dès maintenant reste la meilleure protection. L’appli Lodavo est gratuite sur l’App Store d’Apple (s'ouvre dans un nouvel onglet) et le Google Play Store (s'ouvre dans un nouvel onglet), et chaque tirage hebdomadaire vous donne une nouvelle chance de gagner pendant que votre coussin grossit.

Cet article est de l’information générale, pas un conseil juridique ou financier. Les règles et les taux changent. Vérifiez auprès de l’OPC avant d’agir sur quoi que ce soit ici.

Des conditions s’appliquent. Aucun achat requis (méthode de participation alternative offerte). Question d’habileté requise. Ouvert aux résidents légaux du Canada ayant atteint l’âge de la majorité. Les chances de gagner dépendent du nombre de participations admissibles reçues. Règlement complet et chances sur notre page des règles du concours.

Foire aux questions

Peut-on emprunter 5 000 $ sans enquête de crédit?

Rarement. Les microprêts offerts au Québec vont en général de 300 $ à 2 000 $. Méfiez-vous d'un site qui promet 5 000 $ ou 10 000 $ « sans refus » sans afficher de taux ni de nom d'entreprise. Le Centre antifraude du Canada conseille de se méfier de toute entreprise qui garantit un prêt, même avec un mauvais crédit.

Un prêteur établi hors du Québec doit-il suivre ces règles?

Oui, s'il prête à des gens du Québec. L'OPC précise aux prêteurs qu'il leur faut le permis même s'ils font leurs affaires sur le Web. Cherchez l'entreprise dans l'outil de l'OPC avant de lui donner accès à votre compte bancaire.

Peut-on obtenir un prêt sans enquête de crédit sans emploi?

Ça dépend de votre revenu, pas de votre emploi. Certains de ces prêteurs acceptent l'assurance-emploi, l'aide sociale ou une rente déposée dans votre compte, d'autres non. Sans aucun revenu, un prêteur qui respecte la loi devrait refuser, puisqu'il doit évaluer votre capacité de rembourser. Si vous vivez de prestations, commencez plutôt par une consultation gratuite dans une ACEF.

Puis-je rembourser mon prêt plus tôt?

Oui, en tout temps et sans pénalité, en partie ou au complet. Comme les frais de crédit se calculent sur le solde qui reste, rembourser plus vite réduit ce que vous payez.

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