Augmentation de loyer 2027 : le maximum permis par province

Au Québec, votre propriétaire peut demander l’augmentation de loyer qu’il veut, mais vous pouvez la refuser et rester dans votre logement. Ailleurs au pays, six provinces fixent un maximum pour 2027, de 1,9 % en Ontario à 5 % en Nouvelle-Écosse, et dans cinq provinces et territoires, le montant n’a aucune limite.
Ces règles protègent le loyer que vous payez déjà, et ce ne sont pas tous les logements qui y ont droit. Avant de payer le montant inscrit sur votre avis, vérifiez donc deux choses : que votre logement est couvert, et que l’avis respecte les règles de votre province.
Combien votre propriétaire peut-il augmenter le loyer en 2027?
Six provinces plafonnent les augmentations pour 2027 : l’Ontario à 1,9 %, l’Île-du-Prince-Édouard à 2,1 %, la Colombie-Britannique à 2,2 %, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick à 3 %, et la Nouvelle-Écosse à 5 %. Le plafond de 2,6 % du Yukon s’applique jusqu’au 14 mai 2027. L’Alberta, la Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ne limitent pas le montant.
Presque partout, le loyer ne peut augmenter qu’une fois par période de 12 mois, et pas pendant la première année de la location. Le tableau présente chaque limite et le préavis écrit que votre propriétaire doit vous donner.
| Province ou territoire | Limite 2027 | Préavis écrit |
|---|---|---|
| Alberta (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) | Aucune limite | 3 mois complets |
| Colombie-Britannique (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) | 2,2 % | 3 mois complets |
| Île-du-Prince-Édouard (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) | 2,1 % | 3 mois |
| Manitoba (s'ouvre dans un nouvel onglet) | 3 % | 3 mois |
| Nouveau-Brunswick (s'ouvre dans un nouvel onglet) | 3 % | 6 mois |
| Nouvelle-Écosse (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) | 5 % | 4 mois |
| Nunavut (s'ouvre dans un nouvel onglet) | Aucune limite | 3 mois |
| Ontario (s'ouvre dans un nouvel onglet) | 1,9 % | 90 jours |
| Québec (s'ouvre dans un nouvel onglet) | Aucune limite, refus possible | De 3 à 6 mois |
| Saskatchewan (s'ouvre dans un nouvel onglet) | Aucune limite | 12 mois (location au mois) |
| Terre-Neuve-et-Labrador (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) | Aucune limite | 6 mois |
| Territoires du Nord-Ouest (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) | Aucune limite | 3 mois |
| Yukon (s'ouvre dans un nouvel onglet) | 2,6 % jusqu’au 14 mai 2027 | 3 mois |
C’est au Manitoba que le changement est le plus marqué. Son taux passe de 1,8 % en 2026 à 3 % pour 2027, le maximum que permet sa formule (s'ouvre dans un nouvel onglet). L’Île-du-Prince-Édouard a fixé son taux de 2,1 % le 23 septembre 2026. Le plafond de 2,6 % du Yukon suit un autre calendrier, du 15 mai 2026 au 14 mai 2027. Le territoire indique (s'ouvre dans un nouvel onglet) qu’il s’agit de la dernière année du plafonnement dans sa forme actuelle, et qu’il compte l’abolir.
Au Québec, vous pouvez refuser l’augmentation
Le Québec ne plafonne pas l’augmentation. Il vous permet plutôt de dire non. Le propriétaire doit vous envoyer un avis écrit de trois à six mois avant la fin d’un bail de 12 mois, et vous avez ensuite un mois pour répondre. Vous pouvez accepter, l’aviser que vous déménagez, ou refuser et rester. Si vous ne répondez pas, la loi considère que vous avez accepté.
Si vous refusez, votre propriétaire a un mois pour demander au Tribunal administratif du logement (s'ouvre dans un nouvel onglet) (TAL) de fixer le loyer. S’il ne le fait pas, votre bail est reconduit au même loyer. Quand le TAL fixe le loyer, il part d’un pourcentage de base, soit la moyenne de l’inflation au Québec des trois dernières années, et peut y ajouter une hausse des taxes, des assurances ou des travaux majeurs. Ce pourcentage était de 3,1 % pour les avis donnés en 2026 (s'ouvre dans un nouvel onglet). Celui de 2027 sera publié en janvier, au moment où les propriétaires commencent à envoyer les avis pour les baux qui se terminent le 30 juin.
Là où il n’y a aucune limite
En Alberta, en Saskatchewan, à Terre-Neuve-et-Labrador, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut, un propriétaire peut augmenter le loyer du montant qu’il veut. La loi encadre le moment de la hausse et le préavis :
- Alberta : une fois par année, avec un préavis de trois mois complets pour une location au mois, et jamais pendant un bail à durée déterminée.
- Terre-Neuve-et-Labrador : une fois par année, avec un préavis de six mois, jamais pendant la première année et jamais pendant un bail à durée déterminée.
- Saskatchewan : pour une location au mois, un préavis de 12 mois et aucune augmentation pendant les 18 premiers mois. Les propriétaires membres de l’une de deux associations reconnues peuvent plutôt donner un préavis de six mois et augmenter le loyer tous les six mois. Pour un bail à durée déterminée, l’augmentation doit être prévue au bail ou annoncée au moins deux mois avant la fin du bail.
- Territoires du Nord-Ouest et Nunavut : une fois par année, avec un préavis de trois mois.
Quels logements ne sont pas couverts par la limite?
Les immeubles récents dans certaines provinces, et souvent toute personne qui signe un nouveau bail. Le taux légal de l’Ontario exclut les immeubles habités pour la première fois après le 15 novembre 2018. Celui du Manitoba exclut les logements loués 2 000 $ ou plus par mois et les immeubles pendant leurs 20 premières années. Et au Québec, le droit de refus ne s’applique pas aux immeubles de cinq ans ou moins.
Ontario : les immeubles habités pour la première fois après le 15 novembre 2018
Si votre immeuble, ou l’ajout que vous louez, a été occupé à des fins d’habitation pour la première fois après le 15 novembre 2018, le taux légal de l’Ontario ne s’applique pas (s'ouvre dans un nouvel onglet) et votre propriétaire peut augmenter le loyer du montant qu’il veut. La plupart des logements au sous-sol aménagés depuis sont aussi exemptés. Les autres règles s’appliquent quand même : un préavis écrit d’au moins 90 jours sur le formulaire de la Commission de la location immobilière, et au plus une augmentation par période de 12 mois.
Si vous ne savez pas quand votre immeuble a été occupé pour la première fois, la Commission peut vous dire si votre logement est exempté. En cas de litige, c’est au propriétaire de le prouver avec des permis ou des documents du constructeur.
Manitoba : les loyers de 2 000 $ et plus, et les immeubles récents
Pour 2027, le taux du Manitoba (s'ouvre dans un nouvel onglet) ne s’applique pas aux logements loués 2 000 $ ou plus par mois, un seuil qui était de 1 670 $ en 2026. Les immeubles occupés pour la première fois après mars 2005 sont exemptés pendant leurs 20 premières années. Les logements sociaux, les coopératives et quelques autres types de location sont aussi exemptés.
Québec : les immeubles de cinq ans ou moins
Dans un immeuble québécois de cinq ans ou moins, vous ne pouvez ni refuser une augmentation ni la faire réviser par le TAL. Vous l’acceptez ou vous déménagez. Cette exception ne compte que si elle est inscrite à la section F de votre bail, et pour les immeubles prêts depuis le 21 février 2024, le bail doit aussi indiquer le loyer maximal que le propriétaire pourra exiger pendant ces cinq ans.
Un nouveau locataire repart souvent d’un nouveau loyer
Une limite protège surtout le locataire qui reste. En Ontario, le taux légal ne s’applique pas quand il y a un changement de locataire (s'ouvre dans un nouvel onglet) : le propriétaire et le nouveau locataire s’entendent sur le loyer. En Nouvelle-Écosse, le plafond de 5 % ne s’applique pas aux nouveaux locataires qui signent un nouveau bail (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet). Et dans sa mise à jour de mi-année 2026 (s'ouvre dans un nouvel onglet), la SCHL constate que dans les marchés où le roulement demeure faible et où un taux d’augmentation légal est imposé, « les propriétaires peuvent quand même procéder à de fortes hausses de loyers lorsque les logements se libèrent ».
Trois provinces gardent un certain contrôle entre deux locataires. À l’Île-du-Prince-Édouard, les augmentations sont associées au logement (s'ouvre dans un nouvel onglet), et non au locataire. Au Manitoba, dans les immeubles de quatre logements ou plus, le loyer d’un nouveau locataire ne peut pas dépasser la moyenne (s'ouvre dans un nouvel onglet) des loyers des logements comparables de l’immeuble. Et au Québec, le propriétaire doit inscrire à la section G du bail le loyer le plus bas payé au cours des 12 mois précédents. Si vous payez plus, vous pouvez demander au TAL de fixer votre loyer (s'ouvre dans un nouvel onglet) dans les 10 jours suivant la signature.
Combien coûte une augmentation de 2027 en dollars?
Sur un appartement de 2 000 $, la limite de 2027 représente 38 $ de plus par mois en Ontario, 44 $ en Colombie-Britannique et 100 $ en Nouvelle-Écosse. Sur un an, le 1,9 % de l’Ontario ajoute 456 $ à votre loyer, et le 5 % de la Nouvelle-Écosse, 1 200 $.
| Province | Limite 2027 | Loyer de 1 500 $ | Loyer de 2 000 $ | Loyer de 2 500 $ |
|---|---|---|---|---|
| Ontario | 1,9 % | 28,50 $ | 38 $ | 47,50 $ |
| Île-du-Prince-Édouard | 2,1 % | 31,50 $ | 42 $ | 52,50 $ |
| Colombie-Britannique | 2,2 % | 33 $ | 44 $ | 55 $ |
| Manitoba | 3 % | 45 $ | Exempté | Exempté |
| Nouveau-Brunswick | 3 % | 45 $ | 60 $ | 75 $ |
| Nouvelle-Écosse | 5 % | 75 $ | 100 $ | 125 $ |
Chaque montant est la hausse mensuelle maximale. Au Manitoba, un logement loué 2 000 $ ou plus n’est pas couvert par le taux légal en 2027, donc il n’y a pas de limite à afficher.
Rester coûte généralement moins cher que déménager
Votre loyer actuel est probablement plus bas que ce que le propriétaire demanderait à un nouveau locataire. Selon l’enquête d’octobre 2025 de la SCHL, les nouveaux locataires payaient en moyenne plus cher que les locataires en place (s'ouvre dans un nouvel onglet), même dans les villes où les loyers des nouveaux baux avaient commencé à baisser. Déménager coûte aussi de l’argent : les déménageurs, deux loyers qui se chevauchent et, dans la plupart des provinces, un nouveau dépôt. Notre guide sur les règles du dépôt de garantie donne le montant permis chez vous.
Les loyers demandés baissent, et vous pouvez négocier
Le loyer moyen demandé au Canada était de 2 035 $ en août 2026, en baisse de 4,8 % sur un an (s'ouvre dans un nouvel onglet) et sous leur niveau de l’année précédente pour un 23e mois de suite, selon Rentals.ca et Urbanation. Dans sa mise à jour de juin, la SCHL rapporte que les propriétaires se font concurrence avec des incitatifs qui vont jusqu’à plusieurs mois de loyer gratuit, et que les locataires ont « une certaine marge de négociation ».
La limite est le maximum que votre propriétaire peut exiger, pas un montant qui lui est dû. Si des logements semblables dans votre immeuble sont affichés à peu près au prix de votre nouveau loyer, ou moins, faites-le remarquer à votre propriétaire avant que la hausse commence, parce que si vous partez, il devra sans doute louer votre logement à ce prix-là. À Calgary, où il n’y a aucune limite, la SCHL a constaté que les propriétaires ont maintenu le loyer des logements de deux chambres en 2025 pour garder leurs locataires. Et en Colombie-Britannique, un propriétaire qui augmente le loyer de moins que la limite ne peut pas rattraper la différence (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) une année suivante.
Votre propriétaire peut-il dépasser la limite?
Seulement avec une autorisation, et pas partout. En Ontario, en Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard, un propriétaire peut demander jusqu’à 3 % de plus que la limite habituelle pour des coûts comme des réparations majeures. Le Yukon permet jusqu’à 3 % au-dessus de son indice pour des dépenses extraordinaires, le Nouveau-Brunswick jusqu’à 9 % pour des rénovations, et le Manitoba une augmentation supérieure au taux légal quand ce taux ne couvre pas les coûts du propriétaire. La Nouvelle-Écosse ne permet aucune exception à son plafond de 5 %.
En Ontario, la Commission de la location immobilière peut approuver une augmentation supérieure au taux légal pour des dépenses en immobilisations ou des services de sécurité. La partie liée à ces coûts ne peut pas dépasser le taux légal de plus de 3 % en une année, et l’excédent est réparti sur les deux années suivantes. Une hausse exceptionnelle des taxes municipales est un troisième motif de demande, et cette partie n’a pas de limite de 3 %.
En Colombie-Britannique, une augmentation additionnelle (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) pour des réparations ou des améliorations majeures est plafonnée à 3 % en plus de la limite habituelle, et elle ne peut accompagner que l’augmentation annuelle. Un propriétaire peut aussi vous demander d’accepter par écrit une hausse plus importante. Vous n’êtes pas obligé de le faire.
Au Québec, quand le TAL fixe le loyer après un refus, il peut y ajouter jusqu’à 5 % de ce que le propriétaire a dépensé en réparations ou en rénovations majeures.
Que faire si l’augmentation ne respecte pas les règles?
Ne la payez pas sans vérifier. En Ontario, une augmentation sans préavis conforme est nulle, en Colombie-Britannique, vous n’avez pas à payer ce qui dépasse la limite, et au Québec, un propriétaire qui rate le délai de l’avis ne peut pas augmenter le loyer cette année-là. Les délais pour contester sont courts, par contre.
Ontario
Une augmentation est nulle si le propriétaire n’a pas donné un préavis écrit d’au moins 90 jours (s'ouvre dans un nouvel onglet) sur le formulaire de la Commission, et il doit alors recommencer. Si vous croyez que le montant est incorrect, vous pouvez vous adresser à la Commission de la location immobilière dans les 12 mois suivant le premier paiement. Après un an, la loi considère l’augmentation comme légale, alors n’attendez pas.
Colombie-Britannique
Vous n’avez pas à payer une augmentation supérieure à la limite légale (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet), et si vous l’avez déjà payée, vous pouvez déduire le trop-payé de votre prochain loyer. Si le préavis était trop court, vous continuez de payer votre loyer actuel jusqu’à ce que trois mois complets se soient écoulés. L’avis d’augmentation doit être donné sur le formulaire RTB-7 de la Residential Tenancy Branch.
Québec
Répondez par écrit dans le mois qui suit la réception de l’avis. Si vous refusez et que votre propriétaire ne s’adresse pas au TAL dans le mois qui suit votre réponse, le bail est reconduit au même loyer (s'ouvre dans un nouvel onglet). Et si l’avis est arrivé en retard, Éducaloi rappelle (s'ouvre dans un nouvel onglet) que le propriétaire ne peut pas augmenter le loyer cette année-là.
Ailleurs
En Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard, vous pouvez vous adresser au bureau de la location résidentielle de la province pour récupérer une augmentation supérieure au plafond. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le régisseur peut ordonner au propriétaire de rembourser tout ou partie d’une augmentation irrégulière. En Saskatchewan, un avis qui ne respecte pas les règles prend effet à la première date qui les respecte.
Mettez la différence de côté avant que la hausse commence
Une augmentation de loyer ne commence jamais le jour où vous l’apprenez. Votre propriétaire doit vous prévenir au moins 90 jours d’avance en Ontario, trois mois dans la plupart des provinces et territoires, et jusqu’à un an en Saskatchewan. Si vous mettez le montant de l’augmentation de côté chaque mois dès que l’avis arrive, vous saurez si le nouveau loyer entre dans votre budget avant d’avoir à le payer, et vous aurez un petit coussin s’il n’y entre pas. Sur un loyer de 2 000 $ en Ontario, trois mois de cet exercice font 114 $.
Lodavo peut rendre ces mois-là un peu plus motivants. C’est une appli gratuite qui se connecte au compte d’épargne ou au compte chèques que vous utilisez déjà, et chaque tranche de 25 $ que vous avez épargnée vous donne un billet pour son tirage hebdomadaire en argent, dont le gros lot est de 10 000 $. Rien ne quitte votre compte pour participer, donc le coussin reste disponible quand vous en avez besoin.
Avant de payer le nouveau montant
Trouvez votre province dans le premier tableau et vérifiez le pourcentage, le préavis reçu et, si votre province en a un, si l’avis a été donné sur le formulaire officiel (c’est le cas en Ontario, en Colombie-Britannique, à l’Île-du-Prince-Édouard et au Yukon). Si quelque chose cloche, le lien à côté de votre province mène aux règles que votre propriétaire doit suivre, et la section sur les augmentations qui ne respectent pas les règles vous dit quoi faire.
Lodavo est gratuite sur l’App Store d’Apple (s'ouvre dans un nouvel onglet) et le Google Play Store (s'ouvre dans un nouvel onglet), et votre solde commence à vous donner des billets dès le prochain tirage hebdomadaire.
Cet article est de l’information générale et non un avis juridique. Les règles sur les loyers changent chaque année, alors consultez la page officielle de votre province avant de vous fier à un chiffre présenté ici.
Des conditions s’appliquent. Aucun achat requis (une méthode de participation alternative est offerte). Une question d’habileté est requise. Réservé aux résidents légaux du Canada ayant l’âge de la majorité. Les chances dépendent du nombre de participations admissibles reçues. Règlement complet et chances dans les règles du concours.